vrai dire (ou écrire?), je ne me souviens plus comment le mot Bourdieu est apparu sur mon écran d’ordinateur, je n’arrive pas à me souvenir quel élément déclencheur, quel mot fatidique ai-je pu bien pianoter sur mon clavier et qui a induit l’affichage du mot ‘Boudieu’ sur ma page. En revanche, je n’ai pas oublié l’effet de lecture de ce nom sur mon inconscient. Parmi les centaines de mots, c’est pourtant ’Bourdieu’ qui a le plus interpellé. Je connnaissais le regretté sociologue de nom, au travers de quelques articles mais pas plus.
En cliquant sur le lien ‘Bourdieu et la misère du monde’, c’était toute une journée, préalablement prévue pour un dur labeur, qui allait lui être entiérement consacrée, à Pierre Bourdieu.
Des vidéos de lui au travail, des interviews de journalistes de divers pays, des hommages-vidéos consacrées à lui par des chercheurs du monde entier, ses exposés sur la télévision, ses réflexions sur notre société.
Cette journée avec Bourdieu m’a fait connaître un homme simple, à l’humour authentique, au ton décalé et dont la modestie et la générosité ne peuvent nous laisser indifférent. Je l’ai trouvé touchant et authentique. Et c’est cette sensibilité qui, à mon avis, l’a amené, en grande partie, à la pertinence de son décryptage de la violence symbolique.
N’aimant pas trop commenter les commentaires et tourner en rond, je vais tenter d’être concis, précis et constructif au tour de ce concept de violence symbolique véhiculée, principalement aujourd’hui, par le langage formel, un sujet , lui aussi, traité longuement par le sociologue Bourdieu.
Ce que j’ai retenu de cette journée avec Bourdieu, c’est que pour dominer, il suffit de mots, de beaux mots, variés et si possible avec le plus de conjonctions, d’adjectifs qualificatifs , de métaphores, d’ illustrations savantes, , de jolies tournures; tout ceci étant pour bien légitimer son discours ainsi personne n’aura la mauvaise idée de ne pas croire sur paroles!!! Aller vérifier ces beaux discours, se documenter, chercher, en supposant qu’on ait compris, ne servirait à rien, le discours est si persuasif par sa beauté que ça ne peut être que vrai! Ceci est : de la violence symbolique, une violence sans armes, sans force physique, avec seulement des mots. Sans même avoir besoin de vous connaître, par ricochet en somme, on vous dissuade implicitement d’exprimer vos idées, vos points de vue. Vos idées sont dévalorisées, banalisées par des beaux mots, qui eux, coulent de source (mais quelle source?). Du coup non seulement on abandonne nos idées mais on y perd notre propre utilité dans ce monde fini. Y ‘a t-il, en effet, plus violent que d’étouffer la créativité des êtres humains? Si on ne crée pas d’idées le monde stagne. Alors que la violence physique, elle, élimine des êtres humains physiquement et méne au dépeuplement, la violence symbolique, elle, élimine la créativité libre, la valeur ajoutée ‘immatérielle et nous met au même niveau que les animaux. Qu’est ce qui serait le plus cruel, vivre dans la peau d’une poule ou d’un coq par exemple ou alors disparaitre physiquement?
Les plus faibles ne sont plus tués physiquement, en revanche leurs idées sont dévalorisées, leur vision du monde déconstruite par des mots. Des mots en général acquis dans l’environnement familial puis l’école l’entretient par l’écrit. Car vous noterez que l’oral n’est pas enseigné à l’école ce qui est un paradoxe puisque nos vies sont faites à 90% d’oral. L’oral reste une affaire privée, entre initiés ou pas, distinctement.
J’arrête ici mes remarques bourdieunneuses pour passer à la pratique.
Quelle pratique? Je tape Google, puis ‘actualités-google’ puis ‘journal le monde‘, je prend le premier article qui apparaît, en l’occurrence ‘Les deux tiers des Français se disent opposés à la taxe carbone’.
Lire ‘Deux tiers des Français se disent opposés à la taxe carbone’ nous fait penser de suite qu’il y ‘a 2/3 de 60 millions qui sont contre la taxe carbone soit 40 millions de Français. Et celà suppose, aussi, que les 60 millions de Français ont bien compris ce que c’était que cette taxe carbone, une taxe qui, bien sûr, est un mécanisme fiscal à regarder de près pour espérer comprendre un tant soit peu le tenant et les aboutissants.
Y ‘a t-il une violence symbolique dans ce titre? Lire la suite »







