
‘ai toujours considéré l’occident comme un énorme et joli paquet cadeau. C’est ce que je ressens à mes retours de voyages dans des pays dits “en voie de développement”. Tout me parait beau, ordonné, organisé. Point de chahut, peu de foules, plein de couleurs, des véhicules neufs et sans bruit, on se croirait dans un rêve. Et pourtant, une fois le “choc de façade” du retour passé, les dysfonctionnements, les problèmes de fond ressurgissent et là je pense fort à mon séjour nonchalant tiers-mondiste.
Les pays développés, tout en érigeant “leur” modèle de développement comme le seul baromètre du développement humain, ne mettent jamais en exergue le propre échec de ce “business” modèle, un échec pourtant débattu et redébattu dans le monde occidental.
En “gros”, l’occident admet, en interne, l’impasse dans laquelle nous mène la quête permanente de la croissance mais en même temps, et en externe, il encourage le tiers monde à l’imiter ( FMI, banque Mondiale, ONG, dettes…). C’est à mon avis la preuve de l’impérialisme occidental, l’impérialisme étant une stratégie ou une doctrine politique de conquête, visant la formation d’un empire, ou de domination. Pourquoi cette contradiction fondamentale n’est-elle pas relevée, discutée et débattue ? Pour une raison à la fois sociologique et culturelle je pense. Car comment des pays qui rêvent d’être les Etats-Unis de leurs continents pourraient-ils inventer, leur rêve étant déjà matérialisé par le modèle occidental? Et pourtant!
Raisonnons dans un cadre familial. Un enfant dont la maman fut ministre par exemple. La maman, j’en suis sur, rêverait que son fils l’imite, qu’il devienne député, ministre et le plus longtemps possible en espérant in fine qu’ils devienne président de la République un jour. En y réfléchissant un peu, une vraie maman, fut-elle ministre, devrait plutôt conseiller à son fils de rester libre, d’ inventer son destin, d’avoir un travail épanouissant qui lui permette de découvrir le monde et ses différences.
La morale de l’histoire est que, maman, patrie ou occident, aucune de ces entités ne peut se restreindre à se hisser en exemple, et,ce, même si elle est convaincue de son propre échec. C’est dire la force de la “volonté de domination” chez l’Homme.
Après s’être affrontés avec des flèches puis des mitraillettes puis des chars puis des avions, les hommes inventèrent la dissuasion nucléaire. En quelques sortes, l’homme fait une pause en attendant la suite. Mais pause ne veut pas dire inaction. A défaut, donc, d’agresser physiquement, l’homme changea de stratégie ( pendant la pause seulement?) et règne désormais par la psychologie. Il n’est plus nécessaire d’avoir des muscles pour avoir du travail mais un cerveau. On ne combat plus pour être sélectionné, il suffit de dire ce qui trotte dans sa tête. On appelle ça un entretien d’embauche où des techniques psychologiques bien huilés opèrent. Autrefois les monopoles industriels n’avaient pas besoin de psychologies pour vendre, leurs produits étaient les seuls possibles. Aujourd’hui, pour écraser les moins forts et les dominer, ils ont du inventer le marketing et la publicité pour envahit nos organes sensoriels. Pubs à la télé pour les yeux, à la radio pour les oreilles, les parfums pour votre nez, les préservatifs pour votre sexe, des claviers tactiles pour vos doigts et même des somnifères et autres antydépresseurs pour votre sommeil et vos rêves. Pourquoi rêver à autre chose puisque le rêve est là et à vendre !!! Pourquoi manger des pommes de terre bouillies alors que le caviar existe, pourquoi boire de l’eau du robinet puisque les sources sont là, pourquoi aller découvrir au feeling des gens quand les tours opérators sont là opérationnels ?! Ne pensons plus, ne rêvons plus, ils le font pour nous !
Mais que peuvent-ils encore bien inventer de pire (ou de meilleur?) après la pause-rêves ?